Rapport moral du Président Assemblée Générale du 9 juin 2918

A vos plumes

 
 

SFTG Rapport moral et d’orientation du Président

Assemblée Générale Ordinaire du 09 Juin 2018

 

 

 

 

L’homme ne se construit qu’en poursuivant ce qui le dépasse
André Malraux

Nous fêtions l’an dernier les 40 ans de la SFTG. Notre société scientifique de recherche et de formation continue d’apporter sa pierre, son regard, son originalité, son sens critique, sa rigueur, dans un paysage professionnel en perpétuelle transformation, pas toujours satisfaisant. 

Mais quand je vois le travail considérable entrepris par nombre d’entre vous, je sais qu’il y a du dépassement, j’en mesure l’importance, le temps passé, l’intelligence investie.

Le site a été repensé, d’autres outils y sont apparus, il est fait pour vous servir, et pour servir la structure ; un gros chantier très prenant, auquel Sylvie Caumel a consacré une belle énergie. Le résultat parle de lui-même.

Si l’ambiance des échanges en interne est toujours aussi agréable et conviviale, ce n’est pas pour autant facile et aisé.

Nous avons à nous battre souvent avec l’ANDPC dont les consignes pour le dépôt, l’enregistrement, la validation de nos formations changent souvent, ou ne sont pas facilement compréhensibles, ou nous paraissent arbitraires. L’absurdité quasi kafkaïenne pousserait au découragement, mais ce n’est pas une valeur de la maison. Et nous pouvons être fiers de ce que nous proposons dans notre programme de formations même si nous ne devons jamais nous endormir sur d’hypothétiques lauriers. C’est pour cela aussi que nous avons embauché un chargé de formation en la personne d’Emmanuel Sürig, et que collectivement nous réinterrogeons, réécrivons, reproposons, redimensionnons. C’est chronophage, usant, mais productif, et nous préférons retenir ce en quoi cela positive et optimise ce que nous proposons à nos équipes et à nos participants.

Construire, c’est être présents et actifs avec d’autres comme le Collège de la Médecine Générale, conseil national professionnel de la spécialité médecine générale, et y travailler avec les structures qui le composent mais aussi en interface avec les agences et les administrations de santé. Il nous faudrait être plus nombreux à nous investir dans ses nombreux groupes de travail et dans ces lieux où sont orchestrés l’organisation des soins primaires et les parcours de santé. Il est de notre responsabilité de société savante d’y faire entendre les questions d’équité en santé, d’inégalités sociales et de difficultés d’accès aux soins, de pousser plus avant les questions du risque et celles de l’indépendance de l’expertise, des choix et des décisions, essence même de la SFTG dès sa création.

Cela, nous le partageons avec nos partenaires lors du Congrès de la Médecine Générale, mais aussi dans ceux que nous organisons comme le Colloque Surmédicalisation, la Journée recherche, ou le beau projet de Colloque Déprescription pour début 2019. Ces regards sont également portés par nos intervenants en formation, et dans les rencontres de partenaires où nous sommes présents, Congrès ReAGJIR, FFMPS, JMG IdF, Formindep, Congrès Francophone d’Allergologie. Avec nos amis de la revue Prescrire, nous avons travaillé et proposerons un outil d’appropriation de thérapeutique raisonnée, « Médicaments Choix Maitrisés ».

Au-delà des structures nationales, il y a aussi ce qui est élaboré avec les partenaires européens d’EQuiP, les réflexions et questionnements lors de l’École d’été, ce qui est montré lors des colloques Wonca Europe ou Monde enrichi du travail anthropologique, ce qui s’organise à l’UEMO avec Patrick Ouvrard qui en a été élu vice-président, ce que porte la jeune génération avec Saint Exupéry Network ou FayrGP avec qui nous apprécions d’échanger.

Le développement d’EBM France avance considérablement. C’est un enjeu essentiel pour la profession, pour l’utilisation d’une connaissance raisonnée et appropriée. La SFTG l’a proposé au CMG qui en a compris l’importance. Le groupe qui en est en charge au CMG fait là un travail d’excellence avec Hector Falcoff et Isabelle de Beco pour la SFTG.

Nos investissements sont nombreux avec les forces vives qui sont les nôtres, mais il reste bien des choses à faire. Il faut que chacune et chacun d’entre vous s’interroge sur qui il pourrait faire venir pour travailler avec nous, à la formation, à la recherche, au montage de projets, aux groupes du Collège, et aussi à ce volet des Sciences Humaines et Sociales resté en sommeil depuis plusieurs années. Nous allons réactiver des groupes selon vos envies et vos implications : philosophie, psychologie, sociologie, éthique, à côté et en interface de ce qui existe en anthropologie et en théâtre.

D’autres changements sont devant nous. Notre directrice administrative, Sylvie Caumel, dont nous mesurons la grande valeur et l’excellence, prendra sa retraite dans le premier semestre 2019. Il faudra trouver comment faire face à son départ. Une réorganisation est en cours de réflexion, en tenant compte de la fonction maintenant occupée par Emmanuel Sürig en tant que chargé de formation.

Cette Assemblée Générale n’est pas élective, à la différence de celle de juin 2019. Une partie des membres de l’actuel bureau et possiblement également du CA ne poursuivront pas leur mandat et leurs fonctions.

Le Bureau actuel guidé par le CA et les réflexions de notre AG, s’attellera dans les prochains mois à imaginer l’organisation future, mais l’apport de toutes et tous, administrateurs, adhérents, compagnons de route, est indispensable pour nous aider à préparer et penser l’avenir, afin que la SFTG soit toujours en mouvement, en dynamique, en devenir, tout en continuant d’apporter sa contribution à la construction du paysage professionnel en interaction avec ce qui nous entoure,  et en gardant son âme.

Ce n’est pas la règle qui nous garde, c’est nous qui gardons la règle
Georges Bernanos, Le Dialogue des Carmélites

 

                                                    Antoine de Beco, Président